Un quart des patrons compte embaucher en 2014

Les salariés du secteur privé ont une bonne image de l’alternance. Ce jugement est partagé par les cadres, les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers quels que soient le secteur, la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme.

77% les salariés ont également une bonne opinion des jeunes alternants rencontrés dans leur société. Plus de sept sur dix estiment qu’ils sont capables de travailler en entreprise à la fin de leur période d’alternance. Plus d’un tiers les considèrent comme des collègues à part entière ou comme de futurs collègues.

Les salariés affirment qu’être tuteur d’un jeune en alternance est valorisant quand ils ont vécu cette expérience. Mais un sur deux regrette que le tutorat, qui demande beaucoup d’efforts et de temps, ne soit pas suffisamment reconnu par leur employeur. Les chefs d’entreprise sont plus partagés sur les bienfaits de l’alternance. Ils ne sont que 54 % à en avoir une bonne image, contre 40 % qui en ont une mauvaise image. Plus les dirigeants ont recours à l’alternance, plus ils y sont favorables.

Campagne de communication

Leur opinion varie avec la taille de l’entreprise. Plus la société est grande, plus son dirigeant porte un jugement positif. Plus elle est petite, moins son patron connaît ce dispositif, plus il est sceptique. Les grands groupes ont intégré l’alternance dans leur dispositif de recrutement Airbus et Valeo en sont de parfaits exemples.

Les chefs d’entreprise (43 %) et les salariés (39 %) estiment que les contrats d’alternance sont d’abord un moyen d’aider un jeune en le formant ou en lui apprenant un métier. La deuxième motivation avancée par les chefs d’entreprise (36 %) et les salariés (34 %) est de pouvoir tester et intégrer progressivement un jeune salarié avant de l’embaucher. Pouvoir renforcer une équipe pour une durée déterminée arrive en dernier.

Malgré ces points positifs, les chefs d’entreprise n’ont pas l’intention de recourir davantage à l’alternance. Certains font preuve de prudence après les changements décidés par le précédent gouvernement dirigé par Jean-Marc Ayrault qui ont accéléré la baisse du nombre d’alternants. D’autres se sont mis à la cape pour affronter des temps difficiles. Les entreprises qui n’ont pas l’intention d’embaucher, faute de carnets de commandes suffisants, n’ont aucune raison d’engager des alternants. C’est particulièrement vrai pour les petites sociétés.

Interrogés sur les dispositifs qui permettraient d’augmenter le recours à l’alternance, les dirigeants et les salariés citent d’abord la mise en place de mesures financières comme les exonérations de charges.

Ils plaident ensuite pour une simplification des modalités administratives. Ils mettent en troisième position une meilleure information sur l’alternance. Il serait souhaitable que les entreprises qui ont recours à l’alternance, notamment les grandes, participent à une campagne de communication. L’alternance ne doit plus être considérée comme une voie réservée à ceux qui sont en échec scolaire. L’ISCIO forme chaque année 300 étudiants en alternance qui sont embauchés avec le statut de cadre ou qui deviennent rapidement cadres.

Une telle campagne permettrait de réduire les réticences des chefs d’entreprise, qui sont encore 50 % à déclarer que l’alternance n’est pas une solution adaptée pour recruter des cadres ou des futurs cadres, et les craintes des salariés qui considèrent que le jeune en alternance peut être une menace pour leur emploi.